

Paru en juin 2009, ce numéro célèbre les 40 ans de l’année 69 - année érotique - tout en démarrant son éditorial par "50 années d’existence cela se fête - dignement". Sauf que le vrai anniversaire devait être en novembre. Mais qu’il n’a guère été souhaité à ce moment (sauf par la Librairie Goscinny !).
Il s’agit donc d’un journal décalé pour un anniversaire décalé.
Spécial mai 68.


























Numéro de novembre 1989... et dernier. Discrètement. L’événement n’est pas même mentionné en couverture même si on n’a pas fini de disserter sur celle-ci qui renvoie à une histoire de Autheman et Rousseau, en page 10 : "le testament de Marius Casanova".
La pluie, un hôtel-restaurant à l’abandon (ou détruit par une explosion quelconque, on ne sait pas trop mais il est dans un sale état). Le titre s’écrit en lettre jaunes sur le bleu pâle d’un store qui se ferme (ou qui s’ouvre, certes, mais vu le contexte on le devine plutôt se fermant). Jaune sur bleu pâle : Pilote s’estompe déjà. Où est le rouge vif et triomphant d’autrefois ? Un homme contemple le désastre. Il est statique, tout en blanc, bonnet et cheveux compris, mal rasé (il s’agit du personnage principal de l’histoire). Il y a bien du rouge sur cette couverture : la robe d’une jeune femme. Celle-ci tourne le dos à l’hôtel en ruines et sort de la page, à droite de l’image, d’un air décidé. Une page se tourne.
En page 3 un court édito, parfaitement dans le ton, signé du rédacteur en chef Philippe Mellot :
"Au lendemain de ses trente ans, Pilote vous joue avec ce numéro, sa dernière représentation dans les décors qui vous sont familiers. Votre magazine, l’initiateur de la bande dessinée adulte, a vécu. Celui qui a fait éclore les plus grands chefs-d’œuvre du 9e art, permit à plusieurs générations d’apprendre à lire et dont la renommé s’étend encore jusqu’à Tokyo ou San Francisco s’éteint aujourd’hui. Toutefois, Pilote devrait peut-être resurgir d’ici quelques mois, entièrement refond, à l’intention d’un public plus jeune, mais ceci est une autre histoire... Une page se tourne. Quelle conclusion bien ordinaire pour un édito."
Ce journal qui n’aura cessé d’évoluer - et que l’on reverra en effet, de temps en temps, pour quelques numéros spéciaux, aura donc vécu un peu moins de 15 ans sous forme hebdomadaire et un peu plus sous forme mensuelle.